Home > Atlantikà > Un bilancio, i progetti > La Zingarata dei Sapienti > De Cagliari à Sassari: une Sardaigne nuraghe et... l’Ile Atlante? (notes sur (...)

De Cagliari à Sassari: une Sardaigne nuraghe et... l’Ile Atlante? (notes sur une expédition scientifique 23 - 28 mai 2003) di Reynaldo Harguinteguy

venerdì 21 gennaio 2005

Lista degli specialisti partecipanti
alla spedizione “Zingarata dei Sapienti”
Sardegna 23-28 maggio 2003

Maria Giulia Amadasi Guzzo - Epigrafista
(docente di Epigrafia Semitica all’Università“La Sapienza” di Roma)

Lorenzo Braccesi - Specialista di Antichità Greco-romane
(docente di Storia Antica all’Università di Padova)

Vittorio Castellani - Astrofisico
(Accademico dei Lincei e Astrofisico alla“Normale” di Pisa )

Sergio Frau - Giornalista
(inviato delle pagine culturali de “la Repubblica”)
Claudio Giardino - Esperto di metallurgia antica
(Storico della Metallurgia Antica all’Istituto Universitario “Suor Orsola Benincasa” di Napoli)

Sergio Ribichini - Storico delle Religioni
(Storico delle Religioni e Ricercatore all’Istituto del Mediterraneo del C.N.R., Consiglio Nazionale delle Ricerche)

Mario Lombardo - Grecista e archeologo
(Docente di Storia e Letteratura Greca e Archeologo all’Università di Lecce)

Kostas Soueref - Archeologo
(Archeologo della Soprintendenza di Salonicco, Grecia)

Graziella Benedetta Rossignoli - Ricercatrice e Saggista
(Università di Padova)

Osservatori invitati:

Massimo Faraglia - Ricercatore
(già responsabile dell’Archivio de “la Repubblica”)

Reynaldo Harguinteguy - Funzionario Unesco/Animatore Culturale

Le 23 mai 2003 arrivait en Sardaigne un groupe de spécialistes de diverses disciplines scientifiques. Ils répondaient à l’invitation de Sergio Frau, grand reporter du quotidien italien “La Repubblica”, auteur d’un livre qui les avait surpris quelques mois auparavant: “les Colonnes d’Hercule, une enquête” (Ed Nur Neon, Rome 2002).

Cette expédition “de repérage” dans des sites archéologiques sardes illustrait l’intérêt de la communauté scientifique pour 2 hypothèses audacieuses contenues dans cet ouvrage de 672 pages fort documenté: et si les Colonnes d’Hercule, situées depuis Eratosthène dans le détroit de Gibraltar, devaient en fait être localisées dans le Canal qui sépare la Tunisie et la Sicile? Une des conséquences de cette première hypothèse pourrait alors être d’identifier la Sardaigne comme le lieu possible de la mythique Ile d’Atlante, celle que Platon voyait “au-delà des Colonnes”.

Car si celles-ci “ont glissé” au fil de la mythologie et de l’histoire vers le détroit de Gibraltar, accordant au monde gréco-romain la prépondérance sur le Mare Nostrum, leur repositionnement conduirait à revoir la situation et l’histoire de la Sardaigne, peuplée de vestiges d’une société développée, la société nuraghe, qui, par un exode que l’on croit du à une catastrophe naturelle vers 1175 av. JC, aurait pu donner naissance à la culture étrusque.

Les éléments sur lesquels s’appuie l’hypothèse de Frau sont nombreux : niveau de la mer plus bas qu’aujourd’hui d’environ 100 mètres, rapprochant d’un coup les côtes de la Sicile et de la Tunisie, à peine séparées par un détroit sablonneux; formations géologiques contrastées, présence de boues à l’intérieur des terres évoquant l’arrivée d’une masse d’eau considérable qui aurait pu couper l’île en deux forçant ses habitants au départ; traces d’une imposante activité métallurgique en Sardaigne préhistorique, puis stèles, inscriptions égyptiennes mentionnant les invasions des “Peuples de la Mer”, architecture nuraghe retrouvée en Toscane et en Ombrie, absence de vestiges grecs de la période pré-hellénistique en Méditerranée occidentale...

Pour les membres de l’expédition, destinée à examiner une quinzaine de sites nuraghes (ouverts au public ou encore au stade de fouilles), il était clair que continuer l’enquête lancée par un journaliste “iconoclaste” (Frau) en interrogeant textes antiques, pierres, récits, mythes et traces permettrait de revenir sur des certitudes par trop figées dans l’imaginaire collectif. Le groupe d’experts a ainsi arpenté sites et musées, examinant la concordance des indices et la manière de donner suite à cette théorie.

Les 16.000 exemplaires du livre vendus (quelques 6000 pour la seule Sardaigne) et le soutien d’une bonne partie du corps scientifique à cette approche inopinée témoignent de l’intérêt suscité, sur le plan culturel, par une nouvelle vision du monde antique. Dûment informés de cette visite, les autorités de l’Ile, des responsables culturels et des spécialistes de musées et d’universités sardes ont accueilli les membres de l’expédition, confirmant que, à la lumière de conclusions inédites, d’un intérêt majeur pour la Sardaigne, un nouvel espace venait de s’ouvrir dans la recherche historique. Les dizaines d’articles sur le livre, les débats et les émissions de radio et télévision comme celle de RAI 3 consacrés à cette “ anamorphose“ (encore Frau) traduisent l’écho rencontré par les questions énoncées dans l’ouvrage et l’expectative soulevée.

Ainsi, les Grecs n’auraient pas dépassé le Canal de Sicile, doublement dangereux pour la navigation en raison des eaux peu profondes, et de la surveillance, voir du contrôle exercé par Carthaginois et Phéniciens? La partie occidentale de la Méditerranée, serait-elle davantage issue et enrichie des interactions avec des civilisations d’Afrique, d’Anatolie, d’Egypte? Les nuragiques de Sardaigne, porteurs d’une culture sans équivalent dans le monde méditerranéen, seraient-ils alors les Atlantes, sujets de légendes et objets de tant de spéculations?

De l’avis des spécialistes ayant participé à l’expédition, ce sont les interrogations, l’énigme renfermée dans les ruines des 8000 tours nuraghes qui attend les chercheurs d’un nouveau chantier, interdisciplinaire, interculturel et international.